Récit d’accouchement

Synopsis .

Je vais vous parler de mon troisième accouchement (enfantement je préfère dire aujourd’hui), l’arrivée de notre petit garçon qui est né le 14 Juillet.

Je vais essayer de vous le compter comme une belle histoire, mon histoire, son histoire, la notre finalement, celle de notre couple, de notre amour, de notre famille, celle qui fait de nous une nouvelle fois des parents comblés.

J’ai hésité à parler de ce dernier accouchement. Je ressens énormément de fierté et j’ai envie de vous transmettre aux autres femmes/couples la confiance que j’ai ressenti et la beauté de ce moment, et à la fois j’ai envie de le garder pour moi avec beaucoup de pudeur, comme si cela pouvait faire perdurer ces sentiments et ces souvenirs aussi précieux qu’un trésor.

Après une expérience comme celle-ci, on se sent incroyablement forte. Une sensation que je voudrais ne jamais oublier.

Chapitre 1

Les contractions irrégulières avaient commencés depuis plusieurs jours déjà et continuaient de se répéter toutes la journée.

Je me suis levée fatiguée, j’ai eu besoin d’aide pour pouvoir me reposer ce jour là et pour garder mes deux grandes, me recentrer sur moi.

Le « vrai » du travail a réellement commencé le soir sur un rythme plus régulier et plus fort vers 22h00-22h30. J’étais encore tout à fait lucide à ce moment là, mais je commençais à avoir besoin de souffler et me mettre dans ma bulle à chaque contraction.

J’ai décidé d’accompagner Louis mon conjoint, pour promener notre chien. Ça semble bête mais j’avais besoin de prendre l’air et de bouger, j’avais besoin de continuer a être mobile.

Vers 23h-23h15, ma maman qui était venue m’aider et qui est restée au vu de mon état, est partie se coucher pour nous laisser notre intimité.

J’ai pris mon ballon, et j’ai essayé de continué d’être en mouvement. Mais les contractions commençaient à s’intensifier, et a se faire puissantes.

Je n’ai pas du tout chronométré les contractions et chercher à savoir où j’en étais dans les étapes de mon accouchement. J’étais dans l’instant présent, je quittais la réalité.

J’ai essayé d’être actrice de mon accouchement à chaque étape et présente pour accueillir mon fils.

J’ai appelé mon bébé à plusieurs reprises.

La poche des eaux éclate après quelques minutes.

Ça annonce rapidement le sommet. J’arrive au plus dur de mon accouchement je le sais. Mais Louis est là, je peux compter sur son calme et sa sérénité. Je le trouve doux, confiant. C’est mon pilier. J’ai tellement besoin de lui pour supporter l’immensité de ce moment.

Le sommet (aussi appelé phase de désespérance) a été une étape très difficile à passer pour moi car très intense, et très puissante. Je l’avais moins vécu pour Alma avec la naissance dans la voiture. A la maison c’est calme, je suis face à toi même, face à mes peurs et je ne peux pas faire abstraction. Je suis obligée de vivre cette étape sans distraction. Mais à nouveau, je suis soutenue par Louis qui est toujours aussi sécurisant et rassurant. 

Je suis pourtant en train de délirer, je cris, je pleure, je lui dis tout ce qui me passe par la tête sans vraiment le penser, je suis incohérente… Je crois même l’avoir mordu, à deux reprises, faudra quand même que je lui demande…

Heureusement, il y était préparer (bon, pas a être mordu certes…)

Je profite de chaque break entre les contractions, comme un évanouissement. Comme un profond sommeil.

Alma se réveille car elle est malade. Elle pleure, elle aimerait que je vienne. Mais en plein sommet je ne peux plus bouger, je suis tétanisée, je ne suis plus maître de mon corps. J’ai du mal céder pourtant, j’appréhende un peu les contractions quand je les sens revenir.

Maman vient la rejoindre pour lire et l’apaiser, lui expliquer ce qu’il se passe en bas. Louis prend le temps aussi de trouver les mots et elle attend calmement. J’imagine qu’elle comprend.

Elle va rester éveillée jusqu’à la fin de mon accouchement et viendra ensuite rencontrer son petit frère.

Chapitre 2

J’ai l’impression de m’être comme endormie dans un profond sommeil, presque évanouie, de m’être envolée. Quelque chose me ramène dans la réalité ou au moins dans mon corps. Je suis éveillée, je suis réveillée. Une violente sensation, une envie irrépressible de pousser.

Elle est là, cette sensation que je n’avais encore jamais rencontrée, j’en avais bien sur entendu parler, je l’avais envisagée mais jamais expérimentée.

Pour vous donner une idée mon bébé fait 700grammes de plus de ses sœurs. Donc les sensations qui me traversent, me transpercent à ce moment là sont pour moi toutes nouvelles. La poussée va être une nouvelle fois une expérience intense et violente, éprouvante physiquement. Je vis un marathon, je vis une expérience physique et émotionnelle inégalable.

J’appelle mon fils, j’ai envie de le voir, de l’avoir dans mes bras et je suis épuisée presque agacée. Je suis très mal installée et je me crispe trop ! Je n’arrive pas a lâcher prise autant que j’aurais aimé car cette sensation si intense, immense, puissante, ce sentiment de pesanteur et de déchirement me dépasse, me submerge.

Louis ressent que cette posture bloque et que ça n’avance pas comme ça devrait. Alors il me guide et me conseille, il m’invite à changer légèrement de position, il est toujours là, à mes côtés, serein, calme et apaisant… alors que les murs de notre maison tremblent de mes cris.

Je ne peux m’empêcher de toucher voir si mon bébé est là, c’est animal, c’est instinctif. Je pense que le fait de savoir que mon bébé descend m’aide a être encore plus déterminée et investie. Est il est proche ? Oui, c’est bientôt la rencontre. Je sais que quand la tête va couronner il va falloir que je souffle que je respire et que je me relâche.

Je l’ai déjà vécu ce cercle de feu mais là, un bébé bien plus imposant se présente avec cette irrépressible envie de pousser. Je ne peux pas me contrôler, c’est comme l’ultime poussée : celle qui va libérer sa tête, celle qui me donne aussi la sensation de me déchirer en deux et de brûler (je vous rassure ce n’est pas le cas).

Dernier chapitre 

La tête sort, petit temps pour respirer un grand coup, je réalise qu’il est là et qu’il va falloir l’accueillir, le tenir comme je suis accroupie. Puis le reste de son petit corps qui sort, je le dépose par terre sur les langes.

Je le regarde, je suis pas encore tout à faire revenu du voyage.
C’est mon fils il est là, tout chaud, tout visqueux, tout doux, il est 1h34, nous sommes le 14 Juillet.

Je le sèche, je le serre, je pleure et j’en tremble encore d’amour.
Louis, spectateur de cette scène si unique et invraisemblable dans notre salon, notre fils est là, je sais que tout va bien, je le sens, il pleure mais quand je le prends contre moi il s’apaise. On se blottit, on se couvre, on est encore tout relié avec le cordon, je sens encore l’odeur de mon bébé.

C’est le grand amour à nouveau.

Louis m’aide a me rallonger sur le canapé, j’ai l’impression physiquement de mettre fait rouler dessus tellement cet accouchement a été intense. Émotionnellement je suis pas descendue de mon paradis

Ma délivrance a été comme la précédente, naturelle et douce, c’est inné. Louis a pris soin de moi du début à la fin de ce bel accouchement, du bébé, il a géré toute cette logistique derrière que l’on ne voit pas à l’hôpital …
Ça nous a permis de pouvoir vivre cette aventure incroyable, et puis cette délivrance sereine même si je n’avais aucune appréhension.

Nous n’avons pas souhaite coupé le cordon et avons préparé le placenta pour un bébé lotus.
Alma a pu ensuite venir rencontrer son petit frère avec ma maman, un instant magique. Rose ne s’est pas réveillée de la nuit, et a découvert son petit frère le lendemain matin, une belle surprise pour elle qui n’avait étonnamment rien entendu.

Je sais pas si mes mots pourront vous dirent et vous transmettre à quel point cet accouchement été une aventure incroyable, sauvage, naturelle, libre et pleine d’amour.
À la fois si fort si puissant si intense
À la fois si doux si fragile si merveilleux

Bienvenue Marceau, mon amour, mon fils, mon troisième bébé.

Merci à l’homme de ma vie de m’avoir fait confiance et d’avoir été à mes côtés à chaque instant.

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